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La CIDH suggère à la République Dominicaine de créer une table de dialogue sur les descendants d’Haïtiens

La présidente de la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), Julissa Mantilla, a suggéré aux autorités de la République dominicaine, le jeudi 17 mars 2022, la possibilité de créer une table de dialogue pour discuter de la situation juridique des descendants d’immigrés haïtiens dans ce pays.

Mantilla a fait cette suggestion à la fin d’une audience virtuelle de la CIDH axée sur les droits humains des migrants haïtiens et de leurs descendants en République dominicaine.

La table de dialogue servirait « non pas à résoudre » les problèmes, « mais à proposer des pistes » et à apporter l’expérience de la CIDH dans l’application des normes de respect des droits de l’homme, a-t-elle dit.

« La commission veut écouter, connaître et contribuer dans ce sens », a déclaré Mantilla, après avoir remercié l’État dominicain pour sa « collaboration », comme en témoigne sa participation de haut niveau à la réunion du jeudi.

Lors de l’audience, les descendants d’Haïtiens ont dénoncé qu’il y a des « obstructions » de l’État dominicain dans les processus judiciaires qui concernent les milliers de personnes qui ont été déchues de la nationalité dominicaine en vertu d’une condamnation judiciaire rendue en 2013.

Ils ont déclaré que plus de 35 000 personnes qui ont retrouvé la nationalité dominicaine grâce à une loi de 2014 n’ont pas encore reçu leur pièce d’identité.

Cette situation leur pose des problèmes d’accès aux services publics, notamment de santé ou d’éducation, et les expose au risque d’être expulsés vers Haïti, ont-ils rapporté.

Parmi un autre groupe composé de près de 8 000 personnes qui ont profité d’un plan de régularisation pour obtenir la nationalité dominicaine, il y a 7 149 personnes qui attendent une décision finale de l’Exécutif, malgré le fait que le processus se soit conclu en 2015.

800 autres personnes de ce groupe ont récupéré leur nationalité dominicaine grâce à deux décrets signés entre 2020 et 2021, mais jusqu’à présent, aucune d’entre elles n’a reçu les documents prouvant leur nationalité, selon ce qu’ils ont rapporté.

Lors de l’audience, l’ambassadeur dominicain à l’OEA, Josué Fiallo, a présenté les efforts de l’État pour régulariser les personnes touchées par l’arrêt 168-13 de 2013 du Tribunal Constitutionnel et a défendu que les plans de régularisation soient limités à une période déterminée, refusant qu’ils soient maintenus permanents.

Parallèlement, des groupes de la société civile ont également dénoncé les récentes « déportations massives » d’Haïtiens, dont des femmes enceintes, qui ont suscité les critiques de l’ONU.

Le représentant régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme (HCDH), Alberto Brunori, a rappelé que le système des Nations Unies s’était prononcé deux fois sur la question et qu’en février dernier, le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes avait recommandé que la République dominicaine suspende les expulsions de femmes enceintes.

Fiallo a nié que des déportations massives aient lieu et a expliqué que depuis 2018, le nombre de femmes haïtiennes qui accouchent dans les hôpitaux dominicains a triplé, soulignant que l’État investit 5,4 millions de dollars par an pour donner des soins médicaux aux femmes haïtiennes en travail.

19 mars 2022

 

Relations haïtiano-dominicaines : suspension des visas pour les étudiants haïtiens

La République dominicaine a annoncé dans la soirée du lundi 1er novembre 2021 avoir décidé de suspendre « indéfiniment » le programme spécial de visa pour les étudiants haïtiens dans ce pays. La décision a été rendue publique par le vice-ministre dominicain des Affaires consulaires et des migrations, Jatzel Román, dans un tweet.

« Le gouvernement dominicain a décidé de suspendre indéfiniment le programme de visa spécial pour les étudiants haïtiens en République dominicaine », a twitté Jatzel Román.

Selon une estimation de l’ancien ministre de l’éducation nationale Nesmy Manigat, cette mesure risque d’avoir un impact sur une communauté d’environ 70 000 élèves et étudiants haïtiens fréquentant les institutions scolaires et universitaires dominicaines.

Tout a commencé par une guerre de tweets ce 1er novembre, amorcé par le président dominicain, Luis Abinader Corona. « La communauté internationale, en particulier les États-Unis, le Canada, la France et l’Union européenne, doit agir en Haïti et de toute urgence. La République dominicaine poursuivra le plan annoncé avec des mesures d’immigration plus strictes. », a souligné Abinader.

En réponse, le Docteur Claude Joseph, ministre des Affaires étrangères d’Haïti, a répliqué en citant une mise en garde du Département d’État Américain relative aux deux pays partageant l’île. « Suite à la mise en garde du Département d’État Américain le 25 octobre 2021 contre la montée de la criminalité en terre voisine, j’encourage le gouvernement dominicain et celui d’Haïti à travailler d’un commun accord pour enrayer le problème de l’insécurité sur l’Île ». Ajoutant que « pour sa part, le Gouvernement haïtien intensifiera les efforts, avec l’appui et la solidarité sincère de la communauté internationale, pour restaurer la paix et la sécurité sur l’ensemble du territoire national. »

Peu de temps après, le Maire de Santiago, Abel Martínez Durán, a répondu au tweet de Claude Joseph. « Haïti doit être clair sur le fait que la République dominicaine ne peut pas continuer à supporter l’impact négatif de plus de 1,5 million de ressortissants haïtiens en situation irrégulière sur notre territoire. En solidarité avec Haïti : nous l’avons toujours été ; mais, il est temps de chercher des solutions dans votre pays. »

Les deux républiques voisines partageant l’île d’Haïti, apprendront-elles un jour à vivre ensemble dans la paix, la sincérité et le respect mutuel ?

2 novembre 2021

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